AOKAS OU LA BAIE DU REQUIN

 

AOKAS Ou La Baie Du Requin

 

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La station balnéaire d’Aokas est située à 27 Km à l’est de Béjaia.  Sa proximité avec Kéfrida, où se trouve actuellement la cascade du même nom - Kéfrida étant la déformation de l’expression latine « Aqua frigida »[1] - laisse supposer que l’ensemble de la région formait une province romaine. On rapporte même qu’elle répondait à cette époque reculée, vers 33 av. J.-C.429, au nom de Muslobio.  La présence de quelques vestiges de cette lointaine période corroborerait-elle cette hypothèse ? Des fouilles archéologiques révéleront à coup sûr un passé intéressant enterré depuis des lustres.

A l’époque coloniale, la charmante localité était connue sous le nom de  Cap-Aokas et de Oued-Marsa ; après l’indépendance elle redevint Aokas, car les ancêtres désignaient la crique par le terme « Tamda N’Wakas » : la baie du requin.

En Tamazight, le terme « Wakas » est le nom commun de ce squale.

Et Tamazight est une langue maternelle pratiquée depuis l’antiquité...

 

D’une superficie de 27,87 km2, Aokas recèle aujourd’hui des volets touristiques divers qui font d’elle, assurément, un lieu rêvé pour les villégiateurs qui souhaitent passer un séjour estival inoubliable. Dans les années 1970, dans un jeu radiophonique à RMC[2], l’animateur Zapy Max avait qualifié Aokas - sujet de la question - de « l’une des meilleurs stations balnéaires pour ses sites (mer, plages, montagnes, forêts...) à nuls autres pareils ». En effet, l’harmonie admirable et vivante entre ses sites confère à toute la région une pittoresque et originale beauté pour le plaisir des yeux.

 

Par ailleurs, Aokas aurait pu s’appeler la « ville des fleurs », tant ces belles plantes odorantes poussaient partout, le long des artères ou au-devant des habitations.

 

Aokas ressemblait alors à un immense jardin où grandissaient toutes sortes de végétaux dont la floraison colorait l’espace alentour et emplissait l’atmosphère d’une myriade de senteurs.

 

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Aokas city

 

 

Or, inexorablement, les « priorités » ont relégué à la dernière place l’entretien et l’embellissement de la cité, si bien que le béton a eu vite raison de ces fragiles plantes qui ont fini par disparaître.

 

Et c’est ainsi que les soucis quotidiens supplantèrent les soucis des champs !

 

Aokas offre aux estivants des plages de galets, des plages de sable noir, des plages de sable doré.  Avant d’accéder à la plage de sable d’or, on traverse une forêt peuplée d’eucalyptus et de pins qui invite à un pique-nique à la fraîcheur de son ombrage.

 

On peut aller respirer l’air pur de la montagne en organisant une excursion pédestre.  De ces hauteurs, on peut admirer un panorama incomparable où s’étendent l’immensité bleue et le beau paysage méditerranéen.

 

Le soir venu, on peut emprunter, pour une douce promenade nocturne, une ancienne route goudronnée jalonnée de lampadaires qui serpente le long du cap.  De ce promontoire, on peut contempler avec ravissement l’immensité bleue qui se déroule en plongée sous nos pieds. Et en regardant l’eau de là, on oublie vite l’au-delà ! De ce cap, on peut admirer les mille et un scintillements de lumières qui s’étalent tout là-bas sur la ville de Béjaia qui paraît toute proche à vol d’oiseau, et qui ressemble de loin à un gâteau géant garni d’un million de... bougies.

 

 

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Vue partielle en plongée

 

 

On ne peut séjourner à Aokas sans visiter sa grotte féerique. Celle-ci a été découverte en 1962, par hasard, au cours des travaux de percement d’un tunnel.

 

Le qualificatif accolé à cette grotte peut paraître quelque peu exagéré, mais il suffit de visiter la caverne pour se rendre vite compte qu’il n’est nullement démesuré tant les yeux ne cessent de s’écarquiller devant l’éclat d’une beauté naturelle rarissime ! Un long couloir naturel de soixante mètres environ permet l’accès à l’impressionnante cavité. Celle-ci est une grande salle dont la voûte rocheuse laisse pendre une nuée de stalactites de tailles et de formes diverses.

 

Trois colonnes, dont l’une se distingue particulièrement des autres par sa hauteur et sa beauté, donnent l’impression énorme de soutenir la voûte.

De part et d’autre de la colonne principale, des colonnes engagées les unes dans les autres évoquent, par le dessin de leurs cannelures, des temples bouddhistes, ou encore des châteaux sortis des temps immémoriaux. Plus loin, la présence d’une petite nappe d’eau apporte une note surréaliste à ce décor fantastique.

 

Suivant les caprices de la nature, les stalagmites laissent deviner des formes humaines, des formes animales ou des formes végétales. Sous l’effet du clair-obscur que produit la lumière des projecteurs sur les stalagmites, apparaissent comme par enchantement de véritables statuettes ressemblant d’une manière surprenante, tantôt à la vierge et son enfant, tantôt à une procession de femmes kabyles allant à la fontaine, les unes tenant dans les bras leur enfant, les autres portant des cruches à même le dos.

 

Dans cette féerie générale des formes et des couleurs, l’apparition soudaine d’une fée avec ses habits majestueux, sa baguette magique et son sourire enchanteur, serait chose normale.

 

AOKAS, c’est la mer qui est l’âme mère de la commune ; ce sont les plages de sable et de galets sans gars laids ; c’est la forêt d’eucalyptus et de cyprès si près de la mer ; c’est la montagne faite de faîtes et de fêtes...

 

Lem

 

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Aokas Beach

 

 

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Empreinte des « Pont & Chaussées » 

Sur l'ancienne route construite entre 1864 et 1865

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Eau froide.

[2] Radio Monte-Carlo.

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Date de dernière mise à jour : 14/09/2012

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